Les sénateurs français rejettent l’accord commercial UE-Canada face au mécontentement des agriculteurs

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Le débat autour de l’accord commercial entre l’UE et le Canada, connu sous le nom de CETA, souligne une fois de plus la tension entre les avantages économiques de la mondialisation et la protection des intérêts locaux. Selon Cécile Cukierman, sénatrice communiste française, ce n’est pas grâce au CETA que le vin et le fromage français sont appréciés au Canada, mais plutôt grâce à la réputation gastronomique de la France. Malgré cela, le CETA, en vigueur provisoirement depuis 2017, a vu les exportations françaises vers le Canada augmenter significativement. Toutefois, l’opposition politique et les lobbies agricoles français voient en cet accord une menace pour les agriculteurs français.

Un bilan contrasté pour le CETA

Depuis son application provisoire, l’accord CETA a été l’objet de vifs débats en France. D’un côté, les données du ministère français des Affaires étrangères montrent une augmentation de 33% des exportations françaises vers le Canada, y compris une hausse de 24% pour le vin et de 60% pour le fromage entre 2017 et 2023. De l’autre, les critiques soulignent les risques que cet accord pourrait poser à l’agriculture locale, mettant en avant la nécessité de protéger les intérêts des agriculteurs français face à la concurrence internationale.

Les répercussions politiques du CETA en France

Le rejet récent du CETA par le Sénat français remet en question l’avenir de cet accord dans le pays. Franck Riester, le ministre français du Commerce, a qualifié ce vote de « très mauvais jour pour notre économie ». Cependant, la partie commerciale de l’accord restera en vigueur, relevant de la compétence exclusive de la Commission européenne. Cela souligne la complexité des accords commerciaux internationaux et la difficulté de concilier les intérêts économiques globaux avec la protection des secteurs locaux.

Le futur incertain du CETA

Le destin du CETA en France est désormais incertain, avec un second vote par l’Assemblée nationale à l’horizon. Cette situation met en lumière la fragmentation politique en France, où le parti de Macron a perdu des sièges face à des opposants au libre-échange. Malgré l’incertitude politique, le chapitre sur la facilitation des investissements entre l’UE et le Canada, soutenu par les sénateurs, ne prendra effet qu’après ratification par les parlements de chaque pays de l’UE, illustrant la complexité et la lenteur du processus de ratification des accords commerciaux internationaux.

Les enjeux de réputation et d’identité

Le dialogue autour du CETA révèle une dimension cruciale des débats sur le commerce international : la question de l’identité et de la réputation. Comme l’a souligné Cécile Cukierman, ce n’est pas l’accord lui-même qui valorise les produits français au Canada, mais plutôt la renommée mondiale de la France en matière de gastronomie. Cela soulève une question plus large sur la manière dont les pays peuvent protéger et promouvoir leur patrimoine culturel et gastronomique dans un monde de plus en plus globalisé.

Conclusion

Le débat sur le CETA en France illustre la complexité des accords commerciaux internationaux et le défi de trouver un équilibre entre les avantages de la mondialisation et la protection des intérêts locaux. Alors que le futur de l’accord reste incertain, il est clair que les questions d’identité, de réputation et de protection des secteurs locaux resteront au cœur des discussions sur le commerce international.

Crédits

Informations basées sur les articles et données de POLITICO et du ministère français des Affaires étrangères.

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