Maîtriser l’art du pav bhaji : un classique de la cuisine de rue indienne

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Dans son premier livre de cuisine remarquable, « Amrikan », Khushbu Shah s’attaque à un des clichés de l’écriture culinaire occidentale : la description de plats étrangers en les comparant à des équivalents américains, même quand la comparaison est tirée par les cheveux. Par exemple, le pav bhaji, du pain grillé (pav) surmonté de légumes écrasés et assaisonnés (bhaji), est souvent décrit comme le « sloppy joe indien ». Bien que visuellement similaires, leurs goûts diffèrent radicalement.

La fusion culinaire : au-delà des préjugés

Khushbu Shah, dans son livre « Amrikan », explore la cuisine de la diaspora indienne qui a marqué son enfance au Michigan, mélangeant habilement les cuisines et les saveurs pour refléter une identité culturelle diversifiée. Elle défend l’idée que la fusion, souvent critiquée, est en réalité une intersection culturelle d’où émerge l’évolution de la cuisine.

Une approche respectueuse de la tradition et de l’innovation

Shah n’est pas une puriste, elle reconnaît la valeur de mélanger intentionnellement les cuisines pour créer quelque chose de nouveau tout en respectant les traditions. Elle utilise le Bisquick pour faire des gulab jamun, une approche qui peut surprendre en Inde mais qui est acceptée et même appréciée par la diaspora américaine.

Le pav bhaji : un classique revisité

Le pav bhaji, un classique de la cuisine de rue de Mumbai et un incontournable du livre de Shah, illustre parfaitement la fusion culturelle. Né de la colonisation portugaise qui a introduit le pav en Inde, ce plat s’adapte aujourd’hui aux ingrédients disponibles localement, soulignant la flexibilité et l’adaptabilité de la cuisine indienne diasporique.

Shah souligne l’importance d’utiliser ce que l’on a sous la main, rendant le pav bhaji un plat extrêmement adaptable. Que ce soit en doublant la quantité de pois en l’absence de chou-fleur ou vice versa, l’essence du plat reste intacte, célébrant ainsi la richesse des saveurs et des textures.

La prochaine fois que je rencontrerai un sloppy joe, je n’hésiterai pas à le nommer « pav bhaji américain », avec fierté et à haute voix. Cette déclaration audacieuse souligne non seulement les liens entre les cultures culinaires mais aussi la fierté de l’héritage et de l’innovation.

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